Vincent Daffourd, fondateur de « Chèque Santé® », la prévention santé pour tous

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Care Labs est une entreprise sociale fondée en juin 2014. Elle est à l’origine de la création du Chèque Santé®, disponible sur le marché depuis janvier 2015. Chèque Santé® permet de financer tout ou partie des consultations, prestations et produits de prévention santé non remboursés par la sécurité sociale et les mutuelles : l’ostéopathie, la psychologie, la diététique, l’accompagnement de l’activité physique adaptée etc. Cette innovation sociale repose sur un double constat simple : 60 % des Français, qu’ils soient couverts ou non par une mutuelle, ont déjà renoncé aux soins par manque de moyens… Alors qu’une étude de l’agence européenne de sécurité au travail a montré que pour un euro investi dans la prévention santé, la sécurité sociale et les entreprises économiseraient 13 euros en coûts évités.

Les citoyennes et les citoyens peuvent bénéficier de ces Chèque Santé® par le biais de leur entreprise ou de leur comité d’entreprise – comme un chèque cadeau, mais le Chèque Santé® est également accessible par les mutuelles, les collectivités, des associations de patients ou par pôle emploi – ce dernier pourrait ainsi s’assurer que les personnes en situation d’exclusion sociale puissent bénéficier elles aussi de ce service. Le business model de Care Labs, repose, lui, sur une commission prélevée auprès de ses clients – les financeurs – qui ne dépasse pas 3 % de frais de gestion.

Aujourd’hui la start-up connait une croissance de 10 % par semaine, compte 10 salariés/co-fondateurs et prévoit d’embaucher 20 personnes en 2015 et 50 personnes en 2016. Care Labs ambitionne de se déployer partout en France pour atteindre 100 000 praticiens référencés sur sa plateforme et n’exclut pas d’exporter prochainement son modèle à l’international.

L’interview de Vincent Daffourd

Comment est né Chèque Santé® ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle en tant que créatif dans une agence de communication. A 22 ans, j’ai monté mon propre cabinet de conseil en Marketing et Communication. J’ai travaillé en France, en Californie, au Koweït, à Shanghai… Lors d’une expatriation, je suis tombé gravement malade. Cette pathologie m’a fait l’effet d’un électrochoc, j’ai réalisé que la santé était un bien précieux qu’il était capital de préserver. Au début de mes 3 ans d’arrêt maladie, je continuais à recevoir des chèques vacances, cadeau, déjeuner qui ne m’étaient plus d’aucune utilité, alors que des chèques santé m’auraient été très utiles… c’est ainsi que l’idée est née. En décembre 2012, dès que j’ai été réhabilité à reprendre une activité professionnelle, j’ai participé à un concours de start-up, parrainé par Fleur Pellerin, que nous avons remporté. Accompagnés par Alter’incub, la Région Languedoc-Roussillon, Créalia, Montpellier Métropole et l’incubateur Cap Omega, nous avons réussi à construire notre projet. Care Labs est ainsi né en juin 2014 et le produit« Chèque Santé® » a été lancé le 2 janvier 2015.

Je souhaite apporter de l’optimisme face à la morosité ambiante en montrant que créer une start-up, générer de la valeur et de l’emploi, autour d’un projet socialement innovant et ambitieux, c’est possible ; et que le handicap n’est pas un frein mais qu’il peut même se révéler être un moteur. Je vois ma maladie comme une chance, celle d’avoir pu prendre un virage à 180° degré et de mener une vie qui a du sens. Je jongle certes avec mes études (j’ai repris un Master 2 en Management de l’économie sociale et solidaire) ma vie personnelle, ma maladie et mon travail ; mais je suis complètement épanoui.

Auriez-vous des conseils à donner à un futur entrepreneur social ?

Je conseille vivement aux porteurs de projets de bien s’entourer. S’assurer d’avoir le soutien de ses proches dans cette aventure parfois semée d’embûches est primordial pour trouver le courage de persévérer. Il faut aussi s’entourer de personnes et d’organismes compétents, le mouvement FrenchTech est un exemple, il existe des incubateurs spécialisés dans l’économie sociale et solidaire (Alter’Incub). Travailler avec des experts permet aux porteurs de projet d’affiner leur plan d’affaire – même dans l’économie sociale et solidaire, l’entreprise doit être rentable pour être pérenne ! – trouver les solutions de financement nécessaires à l’émergence du projet.

A ce titre, « Chèque Santé®» a bénéficié du soutien financier de multiples acteurs et nous avons parfaitement réussi à combiner nos exigences entrepreneuriales avec les exigences de nos financeurs. Nous avons d’ailleurs eu beaucoup de chance que des fonds d’investissement nous fassent confiance alors que j’étais en situation d’invalidité. C’est principalement le fait que tous les salariés soient actionnaires de la société qui a permis de convaincre les investisseurs que l’entreprise pourrait tourner sans moi. Comme quoi c’est possible ! Il faut réussir à aller au-delà des freins que l’on se fixe soit même : handicap, mobilité, freins financiers… Ma maladie m’a affaibli à plus d’un titre mais la seule volonté d’accomplir ce beau projet a pris le dessus sur le reste.

Enfin, je pense qu’il faut bien choisir son équipe. La réussite d’une entreprise dépend essentiellement des personnes qui la composent. Je n’aurais jamais réussi à convaincre les investisseurs sans mes 9 autres co-fondateurs. Je suis dans une optique de création d’emplois, nous recrutons d’abord des personnes qui partagent nos valeurs ; l’expertise elle peut toujours se construire par la suite.

Pourquoi avoir choisi d’adhérer au Mouves ?

J’ai découvert le Mouves grâce à André Dupon, également parrain de notre entreprise. Je me suis très vite reconnu dans les proposions et les valeurs portées par le mouvement. La notion d’entrepreneur social me définit parfaitement. D’ailleurs de plus en plus de start-up se rapprochent de l’entrepreneuriat social et du Mouves ; c’est important de s’inspirer les uns des autres, d’échanger avec des entrepreneurs qui partagent les mêmes problématiques et les mêmes rêves.

Plus d’info sur Chèque Santé® ici

3 Commentaires
  1. Alain Duez 2 années Il y a

    Beau projet ! Mais je n’ai pas tout compris du modèle économique : il donne droit à quoi le chèque ? Une visite médicale ? Un scanner ? Un poumon artificiel ?
    Merci pour votre réponse. A. D.

  2. Jo 2 années Il y a

    Bonjour,

    J’ai une question : en quoi cette initiative positionne l’entreprise dans le champs de l’économie sociale et solidaire ? Y-a t-il une gestion démocratique du dispositif ? L’entreprise est-elle solidaire ? La rémunération est-elle statutairement limitée ou plafonnée ? Œuvrer dans le champs de la santé suffit-il à qualifier un business d’utile socialement ?

    Merci par avance pour votre retour.
    Cela m’intéresse sincèrement dans le cadre de mes recherches.

    Bien cordialement,

    Jo

    • Photo du profil de Elodie @ Le Mouves Auteur
      Elodie @ Le Mouves 2 années Il y a

      Bonjour, voici la réponse de monsieur Daffourd
      “Chèque Santé est une innovation sociale qui a été co-construite en concertation avec l’ensemble des parties prenantes afin de répondre avec justesse au besoin auquel elle répond et ce dans le respect des acteurs.
      Nous sommes 10 co-fondateurs, 10 entrepreneurs sociaux, tous associés et salariés de l’entreprise qui est une SAS.
      Nos revenus sont capés sans excéder une différence de 4x entre le plus bas salaire et le plus haut, la parité est respectée et nous avons à ce jour 30% de nos effectifs qui bénéficient de la RQTH.
      Le champs de la santé n’est surement pas une raison suffisante pour qualifier un business de socialement utile, tout comme la forme juridique ou l’affichage de l’appartenance au secteur de l’ESS d’ailleurs.
      En effet, il me semble indispensable de cesser de classer les entreprises en fonction de leurs statuts juridique, en effet, bien des coopératives devraient s’inspirer de certaines société commerciales à but lucratif… et inversement…
      Je me tiens à votre disposition Jo pour échanger avec vous sur cette thématique qui me passionne également, et qui est justement le sujet de mon mémoire de Master2 à l’école COEPTIS.”

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