Patricia Gros-Micol, fondatrice de Handishare – Formation et bien-être au travail, les atouts d’une entreprise adaptée florissante

Handishare est une entreprise adaptée implantée en région Rhône-Alpes, fondée et dirigée par Patricia Gros-Micol depuis 2011. Elle propose des prestations de services pour soutenir les fonctions supports des entreprises (Marketing, Ressources Humaines, Achats, Gestion de la relation client, etc.) Une entreprise comme les autres ? Pas tout à fait, car 100 % de ses salariés sont reconnus « travailleur handicapé ». Un handicap ? Plutôt une agrégation de talents qui permet à Handishare de vendre des prestations à forte valeur ajoutée. La clé du succès ? La montée en compétences, point fort de la structure avec 80 heures de formation dispensées par an et par salarié. L’entreprise prévoit aujourd’hui un chiffre d’affaires de 400 000€ pour 2015, elle compte 15 salariés en CDI et travaille avec une cinquantaine de grands comptes comme Alstom, Bayer, Manitowoc, Eiffage, Véolia, ERDF, EDF, Total, ALG, Solvay etc.

Patricia Gros-Micol affirme sa volonté de « créer de l’emploi pour les personnes en situation de handicap en mettant l’accent sur leur bien-être au travail. »

L’interview

Comment êtes-vous devenue entrepreneure sociale ?

J’ai fait une prépa HEC pour entrer dans une école supérieure de commerce. Lors d’un voyage pour intégrer l’une d’entre elles, j’ai été victime d’un violent accident de train qui a détruit ma colonne cervicale. A 17 ans, j’ai eu la reconnaissance « travailleur handicapé » ce qui ne m’a pas empêchée d’entrer à l’ESC Dijon et devenir majeure de ma promo. J’ai ensuite enchainé 25 années dans les grands groupes à occuper des fonctions commerciales, RH, gestion, marketing ou encore en négociation auprès des centrales d’achats. Je me suis rodée à prendre des décisions difficiles, parfois éloignées de mes valeurs. Et puis un jour, à 46 ans, on m’a dit que j’étais trop vielle, trop chère et on m’a licenciée. Je n’avais pas envie de retourner dans un grand groupe, je me suis alors intéressée aux entreprises adaptées, consciente des difficultés de reconversion auxquelles pouvaient faire face les personne souffrant d’un handicap suite à un accident de la vie. J’ai ainsi créé Handishare en 2011.

A quelles difficultés avez-vous été confrontée lors de la création d’Handishare ?

Mon premier combat portait sur le nom de la structure. Handishare était trop proche du nom d’une autre société hollandaise Handicare. Nous avons finalement remporté la bataille aux prix de multiples négociations.

Nous avons ensuite connu des difficultés à trouver des locaux aux normes pour accueillir des personnes handicapées. A cela se sont ajoutés des problèmes d’ordre administratif : les agences immobilières demandaient les 3 derniers bilans de la structure que nous n’avions pas ; nous avons donc dû, dans un premier temps, sous-louer des locaux.

Enfin, la dernière grande difficulté a été l’obtention de l’agrément « entreprise adaptée » dans une période où les financements avaient été coupés par l’Etat. En novembre 2011, de nouveaux budgets ont été débloqués et j’ai enfin pu obtenir « le graal ».

Fort heureusement, nous avons aussi connu de beaux moments. Je me souviens du jour où l’ensemble de la délégation de la SNCF (plus de 20 personnes) a applaudi notre présentation ainsi que toute l’équipe, … ce sont ces instants qui nous poussent à continuer notre mission.

Des conseils pour un futur entrepreneur social ?

Mon premier conseil est de ne pas rester seul et de se faire accompagner par des réseaux dont c’est le métier – je pense notamment au Réseau Entreprendre. Cette démarche permettra à l’entrepreneur d’éviter un certain nombre d’erreurs classiques.

Ensuite, je pense qu’il faut croire en son projet car c’est un métier difficile qui demande beaucoup d’investissement et de persévérance, deux qualités qui vont avec la passion d’entreprendre !

Enfin, un conseil plus technique, il faut avoir un bon business plan et ne pas hésiter à emprunter une somme conséquente dès le départ pour anticiper des besoins de trésorerie, qui ne pourront plus être financés par la suite.

Pourquoi avoir adhéré au Mouves ?

Je me suis immédiatement sentie proche du Mouvement, je partage les mêmes valeurs que celles qu’il prône. Et je pense qu’il est très important de confronter ses problématiques à celles d’autres entrepreneurs pour pouvoir avancer.

1 Commentaire
  1. underwood 2 années Il y a

    Bravo ! Une démarche exemplaire !!

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