Marc FERRIEUX – Fondateur de OuiCompost

Pourriez-vous me décrire votre parcours ? Etudes ?

J’ai travaillé pendant 25 ans dans le domaine du cinéma ma première passion (production de films, organisation d’événements, de festivals, diffusion de films, programmation…). Au bout de quelques années dans ce domaine-là, j’avais envie de voir autre chose. Ce qui m’intéressait dans le domaine du cinéma c’était de créer des projets, essayer de faire changer les choses, proposer de nouvelles idées… Par exemple j’ai créé un festival de cinéma numérique, un réseau de festival de cinéma… J’aime bien le principe de partir d’une idée, en créer un projet puis le gérer après. Finalement, OuiCompost est un nouveau projet. Il y a juste le décor qui change, mais c’est toujours l’idée de réunir une équipe, réunir un financement, trouver du matériel, des lieux… Mais cette fois-ci dans le domaine de l’environnement, de l’écologie, des déchets et du compostage. C’est un domaine que j’ai découvert récemment en discutant avec Alexandre Châtelain qui est bénévole avec moi au cinéma Saint-Denis de la Croix-Rousse, il avait ce projet depuis quelques temps de créer un circuit de collecte. On en a discuté et petit à petit ça m’a intéressé et j’ai voulu « partir à l’aventure » sur ce projet.

De qui/quoi est composée votre structure ?

Nous sommes chez OuiCompost 3 associés opérationnels à savoir Benjamin SALEL, Annie GAUTHIER et moi-même. Annie est « maître composteur » donc elle créé les recettes d’un bon compost. Benjamin s’occupe de la logistique, l’organisation des circuits de collecte et la gestion des unités de compostage. Moi je travaille sur le développement commercial, la stratégie, et la gestion de OuiCompost.

On a pour le moment deux unités de compostage :
Une qui est un site de compostage traditionnel, c’est-à-dire qu’on met les biodéchets en tas sur un terrain à Sans Souci (Lyon 3). Et une qu’on vient d’inaugurer il y a quelques jours, qui se trouve aux Halles du Faubourg vers Jean Macé (Lyon 7). On y a installé un composteur électromécanique qui nous permet de composter plus rapidement un volume important (jusqu’à 150 kg de biodéchets par jour) avec très peu de nuisances (rongeurs, odeurs, espace…). On peut grâce à ce système s’installer en cœur de ville. On compte dupliquer cette unité de compostage dans d’autres quartiers de la métropole.

Comment fonctionne l’entreprise ?

On collecte les déchets alimentaires uniquement des professionnels (restaurateurs, commerces alimentaires…) de la métropole lyonnaise. On les collecte en vélo triporteur électrique. Les clients ont trié pendant la semaine leurs biodéchets, on vient récupérer le jour de la collecte les seaux pleins et on leur donne en échange les seaux vides et propres. On pèse ces biodéchets et on facture aux clients ce service.

Il y a des producteurs de biodéchets qui dépassent 10 tonnes par an (soit un restaurateur qui fait à peu près 150 couverts par jour) : ces professionnels ont l’obligation de trier et valoriser leurs biodéchets. Ceux qui sont en dessous ne sont pas obligés de le faire. Aujourd’hui nos clients partenaires sont principalement des restaurants ou épiceries qui ne sont pas encore obligés de le faire, mais le font par conviction écologique.
Pour transporter nos collectes, on a un véhicule qui se nomme une K-Ryole électrique. Notre vélo n’est pas électrique mais on l’accroche à la K-Ryole qui nous pousse selon l’énergie qu’on veut. On peut avec ça avoir une capacité de transport de 250 kg de charge. Quand on est dans la rue avec cette K-Ryole beaucoup de gens nous accoste pour nous poser des questions. Cette K-Ryole nous permet d’être visible et de sensibiliser le grand public aussi. (Voir photos)

Ensuite, après avoir collecté, qu’est-ce que vous faites du compost ?

Une fois le compost produit (au bout de 6 semaines généralement), on peut ensuite le vendre. On peut le vendre en grand volume à des agriculteurs urbains, les services d’espaces verts des collectivités locales, mais on peut aussi le vendre en petit volume en VRAC dans les épiceries, les jardineries… C’est du compost local, fais à Lyon avec une forte valeur ajoutée.

Vous comptez vous développer encore ?

On a 2 unités de compostage pour l’instant et notre ambition est d’en avoir en 2020  5 unités, dans différents quartiers de la métropole lyonnaise.

Quel est votre mode de gouvernance ?

 On se partage les décisions entre associés (les 3 opérationnels et Alexandre le porteur de projet initial). On va créer des emplois de collecteurs composteurs en insertion, en collaboration avec une structure spécialisée selon le nombre d’unités de compostage qu’on va mettre en place.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres composteurs ?

Notre différence par rapport à d’autres qui peuvent faire le même travail c’est qu’on est vraiment dans une logique de proposer un circuit ultra local, c’est-à-dire avec des moyens de transport doux, donc pas de camions. On créé des minis circuits de collecte afin d’avoir une empreinte carbone très réduite.

Est-ce que vous traversez ou avez traversé des difficultés, si oui lesquelles ?

Oui bien sûr, par exemple des déconvenues sur les soutiens qu’on pensait avoir et qu’on n’a finalement pas eus … mais qu’on aura sûrement un jour. Ce sont des déceptions mais ce n’est que partie remise donc ce ne sont pas des échecs non plus ! Il faut le voir du bon côté !

Pour l’instant on créé notre petit bout de chemin afin de séduire des partenaires, des prospects, un écosystème, une communauté qui peut se joindre à nous et avec qui on peut travailler. C’est ce premier travail qui va nous permettre de chercher de nouvelles sources d’argent qui vont lancer les autres unités de compostage. Ça n’a pas été facile à monter mais ça s’est passé comme prévu, dans le bon timing ! Rien n’est encore gagné, pour qu’on puisse rentabiliser notre projet il faut créer plusieurs unités de compostage, mais pour l’instant on peut voir que la collecte se passe très bien, qu’il y a un marché, avec des restaurants et des commerces qui nous font confiance et nous sollicitent. Notre système fonctionne, on arrive à produire un compost de qualité qu’on va pouvoir vendre.
Ce sont des preuves qu’on doit apporter sur nos compétences en interne, sur notre équipe et la manière dont on gère le travail, et aussi sur le marché du fait qu’il y a une demande importante sur cette collecte des biodéchets. 

Pour l’instant, ça fonctionne ?

Oui, notre unité installée aux Halles du Faubourg est déjà pleine ! On a une vingtaine de clients qui va du restaurant qui fait 20 repas par jour jusqu’au Ninkasi Gerland ! Des petites et grandes épiceries aussi.

Notre volonté est de détourner un maximum de biodéchets de l’incinérateur car ce sont des ressources de très grande valeur. Il faut les valoriser pour enrichir les sols ! Il y a de plus en plus de projets urbains auxquels on a envie de participer en leur fournissant un compost de qualité, local, pour végétaliser la ville.

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