Naïo Technologies – Gaëtan Séverac vous guide sur le chemin de l’agriculture biologique

Naïo Technologies est une jeune entreprise toulousaine fondée en 2011 par Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes. Spécialisés en robotiques, les deux amis ont imaginé une machine capable de désherber… sans produit chimique ! Oz est, en effet, un robot qui enlève mécaniquement et automatiquement les mauvaises herbes en suivant tout seul les rangées cultivées. Il peut également être utilisé pour transporter les légumes lors des récoltes et tracter des charges.

Le petit robot est guidé par un capteur laser et doté de quatre roues entraînées par des moteurs électriques qui lui confèrent une autonomie de quatre heures, le temps de désherber une surface d’environ un quart d’hectare. Avant de le lancer, l’agriculteur programme la longueur et la largeur des rangées, ainsi que la taille des cultures. Quand il a terminé la parcelle, Oz lui envoie un SMS ! Un vrai petit bijou de technologie au service d’une agriculture durable !

L’interview de Gaëtan Séverac

Comment êtes-vous devenu entrepreneur social ?

J’ai toujours voulu construire des robots ! C’est tout naturellement que j’ai suivi une formation dans une école d’ingénieur avec une spécialisation en robotique…avec la volonté de monter mon entreprise un jour. Au départ, je ne connaissais pas la finalité du robot que je voulais créer. Un jour, lors de la fête de l’asperge, j’ai rencontré un producteur avec lequel j’ai discuté sur les problèmes liés à la production des légumes. Les mauvaises herbes dans les champs sont un véritable fléau pour les maraîchers ; or, difficile pour eux de s’en débarrasser sans avoir recours aux fameux pesticides. C’est ainsi que moi et mon associé avons eu l’étincelle, convaincus que les robots agricoles représentaient l’avenir pour cette profession en quête d’une agriculture « propre ».

Je me félicite d’ailleurs que Naïo Technologies s’inscrive dans une dynamique en faveur de l’agriculture biologique faisant d’elle une entreprise sociale. Je ne connaissais pas vraiment l’entrepreneuriat social avant. Nous avons peu à peu compris que nous partagions les même valeurs que les entrepreneurs sociaux dans notre volonté d’œuvrer pour le développant durable, tant sur les points environnementaux qu’humains. Nous sommes en train, avec l’accompagnement de l’entreprise Palanca, de formaliser cette démarche, de la valoriser et de la revendiquer.

Avez-vous rencontré des obstacles dans la création de Naïo Technologies ?

Oui, bien sûr. Il nous a fallu plus de deux ans pour mettre au point et commercialiser notre 1er robot ! Avec notre formation robotique, plutôt côté logiciel, nous savions comment guider un robot dans les cultures maraîchères, mais nous ignorions comment réaliser la partie mécanique : motorisation électrique, électronique de puissance, etc.

Heureusement des partenaires nous ont accompagnés dans notre démarche. Nous avons présenté notre projet à Artilect (FabLab de Toulouse) pour  un appel à compétences. C’est au FabLab que les premiers prototypes de Oz sont nés grâce aux conseils de professionnels  dans des domaines où nous n’avions pas d’expertise. Nous avons aussi profité d’un équipement de pointe à moindre coût. L’incubateur Midi-Pyrénées nous a également aidé en mettant à notre disposition un bureau.

Autre problème de taille : nous avions peu de capitaux propres et nous avons du faire face à un cruel manque de trésorerie. Pour palier à cet écueil, nous avons contracté un prêt bancaire, eu le soutient du Réseau Entreprendre Midi-Pyrénées, fait appel à des investisseurs et lancé des campagnes de crowdfunding.

C’est vrai que nous avons connu des galères, mais aussi et surtout vécu des moments privilégiés, de joie et de réussite. Que les jours soient noirs ou roses, notre démarche est simple et pragmatique : « on avance, on avance ». Nous avons commencé à deux dans un garage, nous sommes une équipe de 8 aujourd’hui. Nous avons eu 6 commandes et projetons d’en avoir 10 d’ici 2015.

3 conseils pour un jeune entrepreneur social ?

Je lui dirais qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer, et prendre les étapes une à une. Et surtout il ne faut pas rester seul ! C’est important de savoir s’entourer : Oz est né de la mutualisation et du partage des compétences.

De plus, il est crucial de bien tester la viabilité du business model. Dans notre cas, nous avons eu tendance, au début, à nous concentrer sur la technologie au détriment de l’aspect commercial, un élément pourtant essentiel au développement de notre entreprise sociale.

Enfin,  et je pense que c’est le plus important, il faut profiter de l’aventure, garder de l’enthousiasme en toutes circonstances et prendre du  plaisir.

Plus d’information sur Naïo Technologies sur http://naio-technologies.com/

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