Pauline Chatin – Vigne de Cocagne

Vigne de Cocagne est la première exploitation viticole d’insertion sociale et professionnelle en France. L’entreprise a pour mission de favoriser l’insertion sociale et professionnelle de personnes en situation précaire à travers l’apprentissage du métier d’ouvrier viticole. Appartenant au Réseau Cocagne, ce vignoble d’insertion est né du constat suivant réalisé par Pauline Chatin, sa créatrice, lors d’un stage : d’une part l’existence d’exploitants ayant des difficultés à recruter et d’autre part de personnes pouvant se passionner pour les métiers de la vigne mais souvent rencontrant des problématiques sociales. Il y avait donc la nécessité d’inventer une structure adaptée qui fasse le lien entre ces deux problématiques.

Créée en novembre 2017 sous forme de SCIC, Vigne de Cocagne s’est installée dans la région Montpelliéraine, plus précisément à Fabrègues et emploie déjà trois personnes :  un chef de culture et deux ouvriers en insertion.

Comment êtes-vous devenu(e) entrepreneur(e) social ?

Je dirais que j’ai eu l’envie de devenir entrepreneur quand j’ai réalisé qu’il y avait quelque chose de nouveau à créer et que personne ne l’avait encore fait ; donc pourquoi pas moi ? (rires). Je me retrouve bien dans ce rôle, j’aime la créativité que ça implique et j’avais envie de faire changer les choses sur une problématique que j’avais repéré, sur un secteur qui me tient à cœur et sur lequel je me suis formée. J’ai choisi le statut SCIC parce qu’il y a plusieurs partenaires très proches sur ce projet, dont la commune de Fabrègues, propriétaire du domaine et le Réseau Cocagne dont je fais partie. J’avais envie d’associer ces partenaires de manière plus étroite, pour qu’ils participent à la définition stratégique et à la gouvernance du projet. Je voulais un projet ancré au territoire. Ce statut est pour moi la réponse parfaite à ce que je voulais : un projet à vocation sociale ancré au territoire.

 

Quels sont les obstacles que vous avez surmonté ?

Le plus difficile était de trouver une exploitation. Je ne me voyais pas monter ce projet autrement qu’à travers une exploitation école, parce que je voulais proposer un parcours de formation du cep de vigne à la bouteille de vin. La tâche s’annonçait vraiment difficile mais par bonheur elle a été plus facile que prévu quand j’ai rencontré la commune de Fabrègues qui cherchait à faire revivre le domaine de Mirabeau. De manière générale, les choses se sont plutôt bien passées parce que ce projet répondait à des attentes fortes donc les quelques barrières sont vites tombées. J’ai trouvé beaucoup de soutien chez les institutionnels, les parties prenantes locales… Les difficultés ont quand même été moindre jusque là, il faut que ça continue (rires).

 

Quels sont les enjeux actuels de Vigne de Cocagne ?

Nous avons de gros challenges devant nous, le premier est de réussir cette année culturale avec notre équipe et surtout nos vinifications, parce qu’en tant qu’entreprise d’insertion la plus grande partie de notre budget d’exploitation va provenir de la vente de notre vin. Nous avons donc un enjeu de production important c’est à dire produire un vin de qualité, mais aussi un enjeu commercial pour assurer la vente du vin. C’est un défi ! Ensuite nous commençons avec une petite équipe parce que le modèle économique du vin est complexe : nous ne vendrons notre première bouteille que dans un an et demi. Notre enjeu est donc également de faire d’agrandir notre équipe à l’horizon de l’année prochaine.

 

Trois conseils pour un nouvel entrepreneur social ?

Le premier conseil que je pourrais donner c’est que quand on a une idée il faut en parler à tout le monde, moi j’ai eu plein de retours intéressants et constructifs qui m’ont fait avancer.

Le deuxième ce serait d’interagir avec ses partenaires et ses parties prenantes avec un maximum de transparence. Cela m’a beaucoup aidé et mes partenaires ont beaucoup apprécié cette démarche.

Le troisième c’est de se dire que ça va marcher, d’avoir confiance ! Même si à l’impossible nul n’est tenu, il faut y croire et les choses finissent par se faire.

 

Pourquoi avez-vous adhéré au Mouves ?

J’ai adhéré au MOUVES parce que je trouve ça formidable d’avoir un réseau autour de soi de conseil, de soutien et qui suscite la réflexion. Ce réseau me stimule et je peux m’appuyer sur d’autres entrepreneurs. D’autre part, on m’a également beaucoup aidé quand j’ai lancé mon projet. Faire partie de ce réseau c’est pour moi une façon de rendre la pareille à d’autres porteurs de projets / entrepreneurs.

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