[Dossier] La France Zéro Déchet

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Alors que la COP 22 referme ses portes à Marrakech et que la semaine européenne de la réduction des déchets commence, zoom sur un défi essentiel pour changer notre mode de vie et notre société : le Zéro déchet. Car, au-delà de l’enjeu environnemental, cette dynamique permet de créer des emplois non délocalisables et de faire des économies.

Le zéro déchet peut faire rimer innovations sociales, emplois, circuits courts et engagement citoyen : une vraie plus-value pour les territoires qui s’y engagent comme San Francisco, mais aussi Paris ou Roubaix… Alors, la France Zéro déchet c’est pour quand ?

Chiffres Clés

  • 1/3 des aliments produits sur la planète sont jetés
  • 600 millions d’euros de produits neufs sont détruits chaque année
  • 345 millions de tonnes de déchets produits en France
  • 127 000 emplois liés aux activités de gestion des déchets ou de dépollution en France
  • 17 millions de tonnes de matériaux recyclés en France

Source Ademe

Zéro Déchet : plus d’emplois sur les territoires

En France en 2013, 127 000 emplois sont liés aux activités  de gestion des déchets ou de dépollution soit 4900 de plus qu’en 2012. Un secteur en pleine croissance et pourvoyeur d’emplois non délocalisables qui est vite devenu un champ privilégié pour l’insertion par l’économie. C’est ainsi qu’ Envie est né il y a 30 ans en faisant rénover des appareils électroménagers par des personnes éloignées de l’emploi. Aujourd’hui Envie c’est 50 entreprises d’insertion partout en France y compris sur les territoires les plus en difficulté, 2 500 salariés dont 2.000 en insertion. Envie Lorraine par exemple a salarié et formé plus de 1 000 personnes depuis 20 ans dans une logique de retour à l’emploi avec une même conviction que « nul n’est à priori inemployable… » 

Dans la même dynamique, Juratri, SCOOP née en 1993, emploie 120 salariés dont 55 en insertion professionnelle, et se développe pour créer 20 emplois dans les deux années à venir.  Et elle soutient une dynamique plus large sur son territoire en développant le Clus’Ter Jura pour accompagner des initiatives innovantes autour de l’économie recyclable et ainsi créer localement de l’emploi durable. 20 initiatives innovantes se développent comme « J’aime mes bouteilles » : un projet de consigne de bouteilles en verre qui prévoit d’embaucher 10 personnes dans les prochains mois.

Zéro gaspi : Plus d’économies pour les territoires

Quand on parle Zéro déchet, on pense bien-sûr à San Francisco qui s’est engagé il y a treize ans à recycler 100 % de ses déchets d’ici à 2020.… Mais en France aussi les collectivités s’engagent.

Il y a tout juste 1 an, Roubaix s’est lancé un défi citoyen anti-gaspi porté par la ville. Résultats : 70 % des familles volontaires engagées ont réduit leurs déchets de plus de 40 %.

Tous les acteurs de la ville sont concernés : des écoles se sont lancées dans le 0 déchet, des commerces peuvent se prévaloir du label « commerçant 0 déchet » et des entreprises et associations se mobilisent pour faire de l’économie circulaire leur activité principale : Fibr’ & Co,  Repair Cafés ou Arcadi.

Paris s’est aussi engagée en adoptant un plan parisien de lutte contre le gaspillage alimentaire à l’unanimité du Conseil de Paris. Il repose sur trois axes d’action : la sensibilisation des habitant-es, l’action sur les commerces (marchés, distribution..) et la restauration (collective ou privée).

La ville a également expérimenté le 100 % vrac avec certains commerces qui se développent aujourd’hui très rapidement et un brunch anti-gaspi réunissant de grands chefs cuisinant des invendus a aussi rencontré un grand succès il y a quelques semaines !

Adjointe à la Maire de Paris chargée de l'Economie sociale et solidaire, de l'Innovation sociale et de l'Economie circulaire

« Le gaspillage alimentaire coûte 400 euros en moyenne par foyer et par an. Outre le coût écologie, c’est donc aussi un coût économique ! Le zéro-déchet génère également des revenus ! ceux du compost, du réemploi, de la réutilisation ou bien du recyclage.  Le développement de l’économie circulaire peut générer 50 000 emplois pour l’Ile-de-France – Antoinette Guhl

Coopérer pour booster le Zéro Déchet

Citoyens, collectivités, entreprises… c’est en collaborant que la dynamique prend toute sa force et sa pertinence…. Les entrepreneurs sociaux sont les premiers à le prouver !

Carton Plein pour Amistocks

Amistocks est une initiative d’Emmaüs Défis qui répertorie tous les points relais dans lesquels les citoyens peuvent donner leurs objets usagers. Amistocks s’est allié à Carton Plein pour ramener en triporteur les cartons disséminés dans tous les points relais de la capitale ; un travail réalisé par des personnes éloignées de l’emploi. Carton Plein participe en plus au dispositif Premières Heures, créé par Emmaüs Défi qui  permet  aux  grands  exclus  de  reprendre  une  activité  professionnelle  selon  un  rythme  progressif :  4h  par semaine,  puis  8h,  12h…  jusqu’au Contrat Unique d’Insertion de 26 heures.

Phenix et Suez – un Duo Gagnant Gagnant

Phenix revalorise les invendus de la grande distribution en les redistribuant sous forme de dons aux associations telles que la Croix Rouge ou Les Resto du cœur. Lauréat du trophée Happy City en 2015, Phenix a bénéficié d’un accompagnement spécifique par Suez afin de se structurer. Aujourd’hui, Suez et Phenix envisagent de répondre ensemble à des appels d’offres de grands distributeurs.

Déjà présente en France, en Espagne, au Danemark et au Portugal, la start-up envisage de s’étendre en Allemagne.

Les pionniers de la France zéro déchet

Frédéric Petit – Elise Atlantique

Florence Halloin – Génération Plume

David Lorrain – Recyclelivre

Matthieu Grosset – Juratri

Pierre Guyot – Envie en Lorraine

Jean Moreau Cofondateur de Phenix

« Ce type de collaboration se multiplie, mais ne suffit pas encore ! Pour que la France Zéro Déchet voit le jour, il faut que les pouvoirs publics mettent une pression financière suffisante afin que cette lutte contre le gaspillage devienne une priorité pour les grands groupes. Il faudrait, par exemple, augmenter la taxe de mise en décharge tout en continuant d’avoir une politique fiscale avantageuse en matière de dons.

En parallèle, les collectivités doivent être exemplaires et inclure dans leurs appels d’offres des clauses anti-gaspi, de manière à inciter l’ensemble de leurs prestataires à prendre en compte cette dimension. Cette disposition, déjà mise en place par la Mairie de Paris pour l’organisation de l’ensemble de ses événements, peut être généralisée.

Enfin, le volume de déchets générés par les grands groupes est de plus en plus important. Les entreprises sociales de ce secteur telles que Cartons Plein, Extramuros, Bilum, Lemmon Tri, Phenix etc ont un enjeu de développement pour répondre à la demande. Si elles réussissent leur levée de fonds et se font bien accompagner, elles pourront se structurer, essaimer, et embaucher pour changer d’échelle.”

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