Portrait : Elodie Arnouk, Co-fondatrice de The Hope Gallery

The Hope Gallery est une plateforme qui permet à chacun de s’engager aux côtés d’artistes internationaux pour des causes solidaires. C’est une alternative ludique et innovante aux méthodes traditionnelles de démarchage. The Hope Gallery propose une solution digitale de collecte de dons à travers la révélation d’œuvres d’art. Chaque euro donné permet de dévoiler un pixel d’une œuvre inédite offerte par un artiste au profit d’une association ou ONG. L’action de donner devient ainsi fédératrice, artistique et créatrice de sens, tout autant que sa finalité caritative. Lorsque l’objectif de collecte est atteint, un donateur tiré au sort gagne l’œuvre et les dons sont reversés, sans commission de plateforme, à l’action à financer !
Site Internet : https://www.thehopegallery.com/fr

Avant de créer The Hope Gallery, Élodie a eu un parcours riche d’expériences en France comme à l’international, qui lui a permis d’acquérir les compétences nécessaires pour imaginer THG, comme le digital, le management, la collecte de dons, l’humanitaire, la connaissance du milieu artistique, …

Avais-tu des réticences à te lancer en tant qu’entrepreneure ?

J’étais persuadée que pour monter une boite, il fallait avoir de l’argent et je n’en avais pas ! Un jour, j’ai entendu Roman Frayssinet dire dans une interview que le plus important, c’était de trouver un truc qu’on aime et de le faire gratuitement jusqu’à ce qu’on le fasse tellement bien que quelqu’un soit près à nous payer pour ça. J’ai trouvé ça génial, sûrement parce que j’ai fait ça toute ma vie !

Donc j’avais peur de manquer d’argent, mais j’ai réalisé au fil de l’eau qu’il fallait surtout du courage, du temps, apprendre à demander de l’aide, et savoir rendre la pareille quand c’est possible … Ça, c’est quelque chose qui est encore difficile pour moi : accepter qu’on ne peut pas toujours aider en retour la personne qui nous rend service … Alors j’essaie d’en aider d’autres pour garder un cercle vertueux. Je continue encore de l’apprendre par exemple avec le programme LeadHer : tu reçois des avis, des conseils, de l’aide et parfois tu ne peux pas donner de contrepartie ou rendre service en retour sur le moment. Il faut être ok avec ça.

Quel est le meilleur conseil que tu aies reçu ?

Le truc que tout le monde dit et qui est très vrai, c’est qu’il faut parler de son idée à tout le monde, tout le temps et dès le début. C’est une certitude ! Et nous, au tout début, on ne voulait pas parler du projet parce qu’on avait une innovation technique alors nous avions peur que quelqu’un nous pique l’idée. Bon, ça a duré un mois et demi, après on a commencé à en parler à la terre entière. Et 2 ans plus tard, je confirme : personne ne pique d’idées, même si c’est la meilleure idée du monde, puisque monter un projet de zéro demande tellement de temps, d’efforts et de ressources que les seules personnes qui se cassent les pieds à monter des projets de zéro à 10, ce sont des gens qui ont du temps à y passer et la passion de le faire ! Donc clairement, il faut en parler, beaucoup, pour avoir pleins d’avis différents. Il y aura les avis des gens qui ont peur de se lancer (et ça, il ne faut pas les écouter), par contre il y en a aussi énormément qui vont avoir des retours hyper pertinents sur comment rendre ton offre plus intéressante ou comment rendre ton projet encore plus important et ça c’est très cool ! Donc le meilleur conseil, c’est d’en parler et d’en parler à tous ceux qui sont prêts à t’écouter. Ensuite, de faire répéter les gens pour voir ce qu’ils ont compris, comme ça, tu peux aussi t’approprier les mots qu’ils utilisent pour parler de ton projet, pour voir comment ça résonne, voir si ça crée un impact dans la tête des gens, s’ils s’approprient ce que tu essaies de faire.

Et le pire conseil ?

Le pire conseil pour moi, c’est un truc purement humain, je déteste quand les gens disent « soyez sympa avec la secrétaire parce que vous ne savez pas jamais si c’est elle qui influence le directeur commercial que vous allez voir en rendez-vous » ou « entretenez des bonnes relations avec les gens parce que vous ne savez jamais qui va pouvoir vous être utile ». J’ai horreur de ce conseil que j’ai déjà entendu à une époque dans ma vie professionnelle !

Je considère qu’il faut entretenir de bonnes relations avec les gens parce que c’est la base de l’humanité et qu’entretenir des bonnes relations avec des gens sur un principe intéressé, de se dire à quoi ils vont pouvoir m’être utile un jour, c’est complètement antinomique avec le fait d’être un humain sympa. Je crois qu’il faut juste être sympa avec les gens parce que c’est important d’être sympa avec les gens. Notre comportement, c’est une des seules choses qu’on maîtrise vraiment !

Pourquoi as-tu choisi de rejoindre le programme LeadHer du MOUVES ?

J’étais en plein syndrome de l’imposteur, j’avais déjà échangé autour d’un café avec des femmes entrepreneures, mais je n’osais pas forcément les solliciter davantage. L’intérêt avec LeadHer, c’est de se dire que ma mentore est quelqu’un qui se porte volontaire pour prendre plus qu’un café avec moi et donc que je ne vais pas l’embêter, parce que c’est elle qui s’est proposée.

Comment se passe ta relation avec ta mentore ?

On s’organise une rencontre tous les mois d’une durée de 1 à 2 heures, on s’est aussi mises d’accord sur le fait d’échanger entre temps si j’en émets le besoin. Ma mentore me débloque souvent sur mon syndrome de l’imposteur, elle va être dans une posture de normaliser les choses pour moi. Par exemple, que c’est normal de demander, que c’est OK de déranger, et qu’au bout d’un moment il faut arrêter de se mettre à la place des autres et de se dire que ce n’est pas le bon moment. Verbaliser ses besoins, ce n’est pas embêter quelqu’un !

Elle est aussi dans un partage d’expériences, nous avons un effet miroir : cela me permet de voir que mes interrogations sont naturelles à ce moment de ma croissance et que j’ai le droit de ne pas avoir toutes les réponses, quelque chose de difficile pour une perfectionniste comme moi, qui cherche des solutions à tout. Enfin, elle me fait souvent des retours sur mes problématiques du moment : elle me débloque sur certains sujets ou me les remets en perspective. Ils sont toujours en lien avec la vie entrepreneuriale et ma gestion d’entreprise. Je trouve cela intéressant de pouvoir échanger avec une femme entrepreneure, car nous voyons les sujets sous un prisme similaire, qu’il s’agisse des rapports aux relations, aux gens, à la balance perso/pro, au poids du regard de la société, etc. J’ai majoritairement des amis entrepreneurs masculins et je sais que nos blocages ou réactions peuvent être différents parfois car nous n’avons pas les mêmes biais.

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