Pierre Alain Gagne – Gérant et co-fondateur de Dowino

Pierre-Alain Gagne, gérant et co-fondateur de Dowino
Ambassadeur du MOUVES Auvergne Rhône Alpes. 

« On sentait qu’une boîte pouvait aussi avoir une mission sociale »

Peux-tu nous décrire ton parcours ?

Après une école de commerce, l’IESEG à Lille, j’ai travaillé dans le marketing pendant une petite dizaine d’années. J’ai eu besoin de passer à autre chose et de trouver du sens à ce que je faisais, de reconnaissance et d’appartenance aussi, ce qui est de plus en plus difficile à trouver dans les entreprises “classiques”. J’ai rencontré mes 2 associés et cofondateurs de Dowino : Nordine et Jérôme qui eux avaient travaillé dans le serious game auparavant. On s’est dit que ce serait intéressant d’utiliser le jeu vidéo pour faire passer des messages, pour sensibiliser, éduquer et former sur des sujets à impact social. Dowino est né en 2013.

 

Comment as-tu lancé Dowino ?

Le secteur du serious game était beaucoup sur le BtoB, de la prestation de service, donc on n’avait pas besoin de grand-chose pour se lancer. On a fait notre prospection commerciale et assez vite nous avons eu nos premiers clients, notamment grâce aux réseaux de Nordine et Jérôme. On a assez vite travaillé pour des clients assez gros comme Kéolis ou Adecco.

On a également fait une autoproduction, à destination du grand-public, qui s’appelle A Blind Legend, à destination des personnes aveugles. Ce jeu a eu de bons retours, à la fois du monde du handicap et du monde du jeu vidéo, et ça nous a aidé à nous faire connaître. On a aussi eu envie, dès le début, de créer une entreprise avec une gouvernance participative, on a choisi le statut SCOP qui semblait correspondre à un statut d’avenir par rapport à toutes les réflexions d’apporter du sens, de faire des choses qui servent à la société et d’impliquer les salariés de façon plus forte, en leur donnant les moyens de donner leur avis, en toute transparence. Le statut SCOP nous semblait bien correspondre à ça.

 

Comment vous concevez ces serious game ? Vous êtes en lien avec des personnes aveugles par exemple ?

Oui, pour ce projet-là nous étions en lien avec des associations, notamment la Fédération des aveugles de France. De manière générale on aime bien travailler de cette façon-là, avec côté client une équipe projet bien sûr mais aussi le plus possible des utilisateurs finaux. On conçoit nos serious game comme ça en impliquant les utilisateurs finaux mais aussi d’itérer beaucoup parce que dans le jeu vidéo il est compliqué de tout définir sur papier avant de produire : il y a une culture de l’itération et du test.

 

Quel est ton poste à Dowino ?

Je suis directeur commercial et marketing, et gérant. Chez nous gérant ça prend une tournure assez générique, à la fois de gestion, de tableaux de bord, de suivi financier, etc. mais aussi des aspects d’organisation du travail, de ressources humaines, de direction de production… C’est assez vaste.

 

Combien y a-t-il de salariés ?

A l’heure actuelle nous sommes 9 salariés, dont 7 sociétaires, c’est-à-dire 7 personnes qui sont associées dans l’entreprise.

Quels sont vos projets actuellement ?

Nous venons de déménager dans de nouveaux locaux, à Villeurbanne, à côté de Lyon. Sinon, nous travaillons sur une application mobile pour les femmes atteintes du cancer du sein, à la fois pour les aider sur les contraintes organisationnelles liées à la maladie, mais également toute une partie « bien-être », de détente, de se sentir bien. On est en train de travailler également pour l’Université Paris Descartes sur un serious game permettant de former les étudiants en orthoptie. On a également réalisé récemment une série de 4 films pédagogiques pour sensibiliser les personnes mal voyantes et leurs aidants aux gestes barrières à appliquer en cette période de COVID. Plein de beaux projets à impact social, que ce soit sur des sujets de santé, de handicap, d’environnement. Ce sont des sujets d’actualité, de véritables enjeux sur les 50 années à venir.

 

Comment t’es-tu tourné vers l’ESS, as-tu eu d’autres expériences avec Dowino ?

Non, c’était vraiment ma première expérience dans l’ESS. Je me suis dit “j’ai travaillé 10 ans, j’ai des compétences, j’ai envie de les mettre au service de choses qui répondent à mes valeurs, et là où je pense la société doit aller”. En creusant l’aspect statutaire et gouvernance, on est allé plutôt vers l’entreprise sociale plutôt que l’association, pour lier impact économique et impact social. On sentait qu’une boîte pouvait aussi avoir une mission sociale.

« Cela m’a permis de rencontrer des personnes inspirantes, et de me sentir porté par une énergie. »

Comment as-tu connu le Mouves ?

J’ai connu le Mouves au tout début de Dowino. On avait envie de se rapprocher d’acteurs de l’ESS, et des entrepreneurs sociaux. On était déjà membre de l’Union régionale de SCOP, mais on avait envie d’élargir ça au-delà du statut des SCOP, de rencontrer des entrepreneurs sociaux, échanger des bonnes pratiques, de pouvoir rayonner dans ce secteur-là. J’ai découvert le Mouves lors d’une première réunion de découverte qui m’avait bien plu parce que je trouvais ça très dynamique et très concret : on était dans l’échange pair à pair et la rencontre humaine. J’ai d’abord adhéré au Mouves en tant que simple adhérent puis après j’ai été ambassadeur et au COPIL (Comité de Pilotage), pour passer un cap et faire bénéficier aux nouveaux de nos connaissances.

 

Que t’apporte le Mouves ?

Ça m’a apporté d’abord beaucoup de réseau, de connaître à la fois des entreprises, des institutions, toutes les parties prenantes qui gravitent autour des entrepreneurs sociaux, et également d’autres entrepreneurs sociaux pour pouvoir échanger sur nos bonheurs et nos tristesses ! Et puis une sorte aussi de labellisation on va dire que notre engagement ne s’arrête pas uniquement à notre statut ou à notre mission sociale. Cela m’a permis de rencontrer des personnes inspirantes, et de me sentir porté par une énergie.

 

Tes associés sont également au Mouves ?

Non, ils participent de temps en temps à certains événements, parce que ça les intéresse ou parce que je ne peux être présent.

 

Que fais-tu en tant qu’ambassadeur ?

C’est assez disparate : au COPIL c’est accompagner Marjolaine lors de rendez-vous avec des financeurs potentiels ou des institutions, la mettre en contact avec des personnes, confronter nos idées sur les orientations du Mouves… En tant qu’ambassadeur c’est également le côté plaidoyer et au niveau national, participer un petit peu à la stratégie, les grandes orientations politiques que l’on souhaite faire passer.

 

Quelles conséquences de la crise sanitaire et sociale dans ta structure ?

Nous, on n’était pas trop mal lotis, notre métier se numérise plutôt facilement, le télétravail a été plutôt facile à mettre en place. Nous avons eu une légère baisse d’activité, mais par rapport aux autres tout à fait supportable. Notre difficulté a été de créer de l’émulation, et à créer : on est un studio de création, nous devons imaginer de nouveaux concepts de jeux ou de films, la créativité à distance est compliquée. A long terme, c’est compliqué car il faut échanger, pour nourrir le processus de création. Le COVID a confirmé qu’on est des animaux sociaux : on a besoin de voir les gens, de partager des moments.

Un conseil pour les futur-e-s entrepreneur-e-s sociaux ?

Oh, c’est vaste comme sujet ! Ce que je dirais, c’est de ne pas garder son projet pour soi. Souvent, on rencontre des gens qui souhaitent garder leur projet pour eux, soit parce qu’ils n’ont pas confiance en leur projet, soit parce qu’ils ont peur de se faire piquer leur idée. Aujourd’hui, on n’a plus l’intérêt à faire ça, c’est dans l’échange qu’on apprend. Et puis aussi, ne pas avoir peur de décider et de trancher.

 

Merci encore à Pierre-Alain d’avoir répondu à nos questions. Si vous souhaitez en savoir plus sur Dowino, vous pouvez consulter leur site internet.

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