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Notre vision
Jean Marc Borello
Jean Marc Borello
« Nous vivons une époque charnière.

La crise amène à réinterroger les modèles économiques dominants et éclaire sous un jour nouveau les pratiques différentes de l’économie sociale et solidaire. Pourtant, la petite musique d’un retour au business as usual, certes plus vert et plus social, se fait de plus en plus forte. Pendant ce temps, les problèmes sociaux et écologiques persistent et s’aggravent.

Dans ce contexte, notre responsabilité est d’agir, pour donner à nos pratiques entrepreneuriales différentes toute la place qu’elles méritent.

C’est pourquoi nous avons décidé de créer le Mouvement des entrepreneurs sociaux. Objectifs : nous faire entendre, faire mouvement, changer d’échelle. Programme ambitieux mais réaliste au vu des défis actuels de la société !

La naissance de ce Mouvement se fait dans un contexte favorable : création d’un fonds pour l’entrepreneuriat social et solidaire de 100 M€ (Grand emprunt), mission parlementaire en cours mandatée par le Premier Ministre, M. Yunus invité d’honneur du Salon des Entrepreneurs de Paris le 3 février dernier, etc.

Les fondateurs du Mouvement des entrepreneurs sociaux ont fortement contribué à toutes ces initiatives.

Le Mouvement se crée pour amplifier la dynamique et créer un environnement réellement favorable au développement d’une économie plus solidaire.

Nous voulons ainsi rendre visibles nos attentes et solutions, pour peser sur le débat public et faire bouger le cadre législatif, institutionnel, culturel en faveur d’un changement d’échelle de l’entrepreneuriat social. Financement, innovation sociale, formation, mesure de l’impact, aides et marchés publics, fiscalité : sur l’ensemble de ces sujets structurants, nous voulons obtenir des avancées fortes.

Notre ambition est forte. Elle fait écho aux attentes des entrepreneurs sociaux. Elle est aussi à la mesure des changements que les crises actuelles appellent.

Notre Mouvement est ouvert à toutes celles et ceux qui partagent cette ambition et qui veulent construire, ensemble, un nouveau chemin vers un autre mode de développement, plus que jamais nécessaire. »

Jean-Marc Borello,
Président du Mouvement des entrepreneurs sociaux,
Délégué général du Groupe SOS.

Définition de l'entrepreneuriat social

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L'entrepreneuriat social est une dynamique internationale qui a émergé à partir des années 80, concomitamment à la montée des crises sociales et environnementales. Prenant des formes très diverses, il a comme fil rouge une idée-force : l'initiative économique privée à but non lucratif peut être un levier puissant pour répondre efficacement aux problèmes sociaux et environnementaux.

Il n'existe pas de définition figée de l'entrepreneuriat social, ni de statut juridique unique. Les entreprises sociales, présentes dans tous les secteurs d'activité, évoluent néanmoins souvent (mais pas exclusivement) sous statuts de d'économie sociale (sociétés de personnes) : association, coopératives, mutuelles.

Pour caractériser l'entreprise sociale, le Mouvement des entrepreneurs sociaux propose la vision suivante, élaborée à partir de nombreux travaux dans le cadre du Codès (Collectif du développement de l'entrepreneuriat social). Cette vision est en phase avec celles existant ailleurs en Europe, notamment celle du réseau de chercheurs européens EMES.

Le Mouvement des entrepreneurs sociaux définit l'entreprise sociale de la sorte :

Définition simplifiée : « Les entreprises sociales sont des entreprises à finalité sociale, sociétale ou environnementale et à lucrativité limitée. Elles cherchent à associer leurs parties prenantes à leur gouvernance. »

Définition détaillée, à partir d'un faisceau de critères portant à la fois sur les objectifs de l'entreprise et les moyens mis en œuvre.

Ce faisceau distingue des critères indispensables :
- 2 critères d'objectifs : finalité sociale, sociétale, environnementale ou territoriale, inscrite dans l'objet social de l'entreprise et dans le pacte d'actionnaires (s'il existe) ; création d'emplois.
- 6 critères de moyens :
- initiative privée ; production de biens et de services ;
- recherche de l'implication d'une ou plusieurs parties prenantes dans la gouvernance ;
- lucrativité limitée (ou nulle) : rémunération limitée des apports en fonds propres ; excédents majoritairement réinvestis dans le projet ; encadrement de l'échelle des salaires (facteur 3 à 10, en fonction du nombre de salariés).

… et des critères recommandés :
- sur les objectifs : ancrage territorial, innovation sociale.
- sur les moyens : activité marchande significative ; statut d'économie sociale (coopérative, mutuelle, association, fondation) ; appartenance à un réseau de l'économie sociale et solidaire, intégration des impératifs de développement durable.

Ce faisceau de critères fournit un socle partagé pour l'élaboration d'un label « entreprise sociale » .

Une nouvelle dynamique de l'économie sociale et solidaire

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« Rien n'est plus fort qu'une idée dont l'heure est venue ». Victor Hugo

L'économie sociale et solidaire (ESS), dans laquelle évoluent les entrepreneurs sociaux, vit une période cruciale.

Ses réponses n'ont jamais été aussi actuelles mais ne sont pas assez audibles, ne dépassent pas les cercles d'initiés, car trop défensives, trop abstraites et pas assez porteuses d'un langage de la preuve.

Ses acteurs n'ont jamais été aussi nombreux1 mais ils demeurent dispersés et ne coopèrent pas assez : le sentiment d'appartenance à une même dynamique est encore inégalement développé et relativement faible, les coopérations économiques entre entreprises sociales restent limitées.

La demande pour une autre économie n'a jamais été aussi forte2 mais l'offre peine à changer d'échelle : les fonds propres des entreprises sociales sont insuffisants, la culture entrepreneuriale est à renforcer, les débouchés commerciaux sont à élargir.

Le Mouvement des entrepreneurs sociaux veut changer la donne en ...

- Portant une voix nouvelle du secteur, fondée sur une vision claire et lisible de l'entreprise sociale, mettant en avant des pratiques, incarnées par des entrepreneurs et des solutions aux problèmes de la société.

- Construisant une communauté active et ouverte d'acteurs de terrain, animés par l'envie de faire mouvement, transversalement, pour échanger de bonnes pratiques, développer des flux d'affaires et construire des projets pour leur territoire.

- En accélérant la croissance de l'offre, par l'élaboration et la diffusion de propositions structurantes, en faveur du développement d'une économie plus solidaire.



1 - plus de 200 000 entreprises, plus de 2 millions de salariés, et une croissance des emplois près de trois fois supérieure à la moyenne du secteur privé sur 2001-2006.

2 - 1 Français sur 2 souhaite une transformation profonde du système économique. (Ipsos – Macif, sept. 2009). Le succès du bio, des Amap, du commerce équitable, de l'épargne solidaire témoigne aussi de la croissance de cette demande.

Témoignages des fondateurs du Mouvement

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henckel « Si les vocations se multiplient, les entrepreneurs sociaux demeurent néanmoins isolés ou cloisonnés dans des réseaux sectoriels, territoriaux ou statutaires étanches. Au-delà des différences, il existe pourtant des valeurs communes, des besoins partagés et des synergies à créer. Nous voulons décloisonner ces réseaux, faire que les entrepreneurs sociaux travaillent davantage entre eux, pour être plus forts et plus audibles ensemble, bref, pour faire mouvement ! »

Jean-Guy Henckel, fondateur et directeur des Jardins de Cocagne, Vice-président du Mouvement

sibille « Le potentiel de développement des entreprises sociales est important : sur la consommation responsable (bio, commerce équitable, écoproduits, circuits courts…), les activités d'intérêt général (santé, social, environnement, éducation, culture…), des centaines de milliers d'emplois durables, non délocalisables, d'utilité sociale, pourraient être créés. Nous voulons lever les barrières à l'essor en créant un environnement favorable, en termes d'accompagnement, de formation, de financement, de marchés ».

Hugues Sibille, Président de l'Avise, Vice-président du Mouvement

blin « Nous voulons agir ensemble pour que l'entrepreneuriat social devienne un choix possible et attractif pour tout entrepreneur, pas seulement la vocation exclusive d'une minorité engagée et militante. On ne naît pas entrepreneur social, on le devient. Demain, le métier d'entrepreneur social doit pouvoir s'apprendre et être à la portée de tous les entrepreneurs. Démocratisons l'entrepreneuriat social ! »

Barbara Blin-Barrois, co-fondatrice de la SCIC Ôkhra, Trésorière du Mouvement